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 Le Venin d'Abeille

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Orchidée
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MessageSujet: Le Venin d'Abeille   Dim 14 Sep - 22:13

Depuis le début des années 1950, des études menées un peu partout dans le monde ont permis de mieux comprendre les vertus traditionnellement attribuées au miel et à la propolis, et de découvrir les bienfaits, jusqu’alors inconnus, du pollen et de la gelée royale. Toutefois, l’application la plus nettement thérapeutique des produits de l’abeille (et l’une des plus anciennes) demeure l’utilisation du venin d’abeille pour soigner les affections rhumatismales et arthritiques chroniques, certaines maladies inflammatoires comme les tendinites et les bursites, ainsi que la sclérose en plaques.

Une approche millénaire et moderne
Les connaissances de l’usage médicinal du venin d’abeille remontent à la plus haute Antiquité. Des textes chinois vieux de 2 000 ans en font mention. De même, Hippocrate (460-377 av. J.-C.), le père de la médecine, considérait le venin comme un remède idéal pour traiter l'arthrite et les problèmes d'articulations. Au XIXe siècle, le médecin autrichien Phillip Terc, un pionnier de l’apithérapie dans la médecine moderne, utilisait le venin d’abeille pour traiter les maladies rhumatismales. Dans son rapport publié en 1888 (Report about a peculiar connection between the beestings and rheumatism), il signale qu'aucune complication n'est survenue durant les 25 années au cours desquelles il a traité plus de 500 patients souffrant de rhumatisme, et pratiqué plus de 39 000 traitements.

Charles Mraz est aussi considéré comme un grand maître de l’apithérapie. Il a pratiqué pendant plus de 60 ans à la fois comme apiculteur et thérapeute, dans l’État du Vermont aux États-Unis, et a transmis son savoir-faire un peu partout dans le monde, jusqu’à sa mort en 1999. En 1928, Franz Kretchy a mis au point une technique permettant de contourner l’application directe du venin par piqûres d’abeilles en injectant une solution à l’aide d'une seringue. Bien que l’approche soit controversée, elle n’a cessé de susciter de l’intérêt. Plusieurs organismes1-3, qui regroupent des individus ainsi que des associations engagés dans l’apithérapie et dans les domaines connexes, notamment, Apimondia et l’American Apitherapy Society, veillent à transmettre les plus récentes découvertes dans le domaine.

L'apithérapie par le venin d'abeille
Les données concernant l’efficacité de l'apithérapie reposent uniquement sur des preuves anecdotiques. On ne dispose d’aucune étude scientifique qui en aurait démontré les effets thérapeutiques de façon vraiment probante. Toutefois, des recherches récentes ont permis d’identifier, en partie, les composants responsables de son action. En effet, l'analyse chimique du venin d'abeille révèle qu'il contient une certaine quantité d'agents anti-inflammatoires, notamment l'adolapine et la mélittine. Reconnue pour être cent fois plus puissante que l'hydrocortisone, la mélittine stimule la production de cortisol, une hormone stéroïdienne qui agit aussi comme anti-inflammatoire. En règle générale, on s’entend pour dire que ces composants ont une action tonifiante et stimulante, qu’ils renforcent le système immunitaire et contribuent à détoxiquer l’organisme.

L'allergie au venin d'abeille
On estime qu’environ 2 % (certaines sources indiquent jusqu’à 5 %) de la population serait allergique au venin d’abeille, ce qui constitue un pourcentage de risque relativement faible. Néanmoins, dans de rares cas, cette allergie peut s’avérer fatale. Avant d’entreprendre une thérapie, il est donc préférable de subir un test d’allergie, et on recommande également de toujours avoir à sa portée un antidote comme l’épinéphrine.

Dard ou seringue ?
On administre le venin soit directement par des piqûres d’abeilles, soit à l’aide d’une seringue contenant une solution de venin dilué. La méthode traditionnelle, qui se pratique encore aujourd’hui, consiste à déposer, une à la fois à l’aide d’une pince, des abeilles vivantes sur la peau du sujet, plus particulièrement sur les zones douloureuses ou encore sur des points d’acupuncture, et à attendre que l’abeille pique. Dès que le dard pénètre la peau, l'abeille perd une partie de son abdomen et meurt dans les heures qui suivent. Pour contourner l’application directe des abeilles, diverses techniques permettent d’extraire le venin des abeilles sans qu’elles meurent.

Combien de piqûres ?
Pour traiter une tendinite, par exemple, deux ou trois séances de deux à dix piqûres suffiraient. Pour un trouble grave, comme la sclérose en plaques, le traitement pourrait s'échelonner sur une très longue période et nécessiter deux traitements par semaine, à raison de 25 à 30 piqûres chaque fois. Puisque l’apithérapie n’est pas une technique officiellement reconnue, pour connaître la « posologie », vous devrez vous en remettre à une personne ayant déjà expérimenté l’approche ou à un « thérapeute » que vous pourrez contacter par l’entremise d’un des regroupements de spécialistes en apithérapie.

Autres modes d’administration
Il existe plusieurs préparations à base de venin d’abeille, sous forme de crème, de lotion, en comprimés, en gouttes ou en pastilles, que l’on utilise pour soigner divers troubles de santé dont l’arthrite, les inflammations des tendons et des articulations et les affections cutanées. Jusque dans les années 1960, le venin d’abeille était disponible en ampoules aux États-Unis, mais les autorités en ont restreint la vente. Sur le marché européen, on trouve plus d’une douzaine de produits homéopathiques à base de produits de l’abeille. Les Chinois utilisent le venin d’abeille en pastilles pour traiter certains troubles respiratoires (bronchite, asthme) et arthritiques.

Apipuncture
Depuis les 30 dernières années, les Chinois, entre autres, combinent l’acupuncture avec le venin d’abeille pour traiter l’épilepsie, l’incontinence et les troubles arthritiques normalement traités avec des abeilles vivantes. La méthode consiste à plonger l’aiguille dans la solution de venin ou à déposer un peu de solution sur le point d'acupuncture avant de le stimuler. Selon Rock Domerego, biologiste et thérapeute, président de l'Association Européenne d'Apithérapie, il est aujourd’hui possible d'augmenter l’action de l'acupuncture en remplaçant les traditionnelles aiguilles par des piqûres d’abeilles pour soulager des affections aussi graves que la sclérose en plaques et la maladie de Parkinson mais, encore une fois, ces affirmations n’ont pas été corroborées par la science officielle.

En ce qui concerne les autres applications des produits de l’abeille (des affections cutanées aux troubles pulmonaires, en passant par le syndrome prémenstruel et la dépression), elles ne sont pas appuyées par des études scientifiques; cependant, dans bien des cas, l’usage des produits de la ruche est traditionnellement reconnu depuis fort longtemps. Voir à ce sujet le site de Dr Yves Donadieu.

Applications thérapeutiques
Malgré l’absence de preuves scientifiques, l’apithérapie par le venin d'abeille demeure populaire auprès de milliers de personnes atteintes de maladies chroniques, en particulier l’arthrite rhumatoïde et la sclérose en plaques. C’est pourquoi l’Association américaine pour la sclérose en plaques (Multiple Sclerosis Association of America) a commandité une vaste étude visant, dans un premier temps, à déterminer scientifiquement l’innocuité du venin d’abeille. L’étude a débuté en 2000, mais les résultats n’ont toujours pas été publiés.

Recherches
Aucune étude rigoureuse ne permet d’affirmer que le venin d’abeille puisse guérir une maladie. Étant donné le peu d’études sur l’efficacité et l’innocuité de cette méthode, l’apithérapie ne devrait en aucun cas remplacer un traitement efficace. Cette thérapie est douloureuse et difficile à administrer. Si elle est utilisée, une supervision médicale est nécessaire. Bien que les effets secondaires attribuables au venin d’abeille soient habituellement modérés, le patient, même s’il n’a pas été dépisté allergique auparavant, doit être préparé à agir en cas de choc anaphylactique. En effet, une personne peut développer l‘allergie, quelques semaines après avoir été piquée. Une réaction allergique non traitée peut être mortelle.

Arthrite : Le venin d’abeille est composé de plusieurs substances ayant, chez l’animal, un potentiel anti-inflammatoire stimulant l’émission de cortisol ou de neurotransmetteurs pouvant contribuer à diminuer la douleur ou la raideur. Des doses très fortement concentrées en venin d’abeille purifié auraient contribué à l’amélioration d’un certain type d’arthrite chez le rat. Chez l’homme, les preuves concernant l’efficacité de la thérapie par le venin d’abeille dans l’arthrite sont décevantes et reposent sur des témoignages anecdotiques.

Néanmoins, certaines équipes en Asie du Sud-est ont tenté d’évaluer l’effet de l’utilisation du venin d’abeille sur des points d’acupuncture. Dans une revue systématique de la littérature8, des chercheurs ont passé au crible plusieurs études d’observation et deux essais cliniques. Ils ont conclu que cette méthode pourrait avoir un certain degré d’efficacité pour soulager les symptômes (inflammation et raideur) d’arthrite rhumatoïde et d’ostéoarthrite du genou. Mais, comme ils le soulignent, les études sont peu nombreuses, de petite taille et leur méthodologie est parfois faible, ce qui ne permet pas de recommander ce traitement. De plus, beaucoup d’incertitudes persistent quant à la concentration du venin d’abeille à utiliser et au nombre d’injections idéal.

Sclérose en plaques : le traitement de la sclérose en plaques par l’apithérapie suscite certains espoirs. Des témoignages font état de malades désespérés qui ont vu leurs douleurs s’estomper, leur énergie s’accroître et leur vision s’améliorer1,9. Toutefois, les bénéfices sont encore plus qu’incertains et les études chez l’animal sont très préliminaires. Des travaux de chercheurs américains (dont Dr Lublin, de Philadelphie) n’ont pas démontré l’efficacité de la thérapie chez la souris. Dans certains cas, la maladie s’est même accentuée. Le manque d’information valide sur l’efficacité et l’innocuité de la thérapie chez l’humain incite la Société canadienne de la sclérose en plaques à ne pas recommander ce traitement10.

En pratique
La thérapie par le venin d’abeille est largement répandue en Asie (Chine, Corée, Japon), en Europe (Allemagne, Autriche, Bulgarie, France, Hongrie, Pologne, Roumanie, Suisse), et de plus en plus aux États-Unis et au Canada. En 1995, on estimait à plus de 10 000 le nombre d’intervenants dans le monde, dont des médecins - qui procèdent en général par injection à la seringue-, des spécialistes en médecine alternative (acupuncteurs, homéopathes, naturothérapeutes, etc.) et des apiculteurs.
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